Patrimoine et Architecture
Extraits de "Saint-Véran, 2040 m, pas à pas"
Avec l'aimable autorisation de Mathieu et Serge ANTOINE (page en cours de construction)
"La fai bun basti de la peyra de sun luo"
"Il fait bon bâtir avec les pierres de son pays"
Les maisons
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Les maisons traditionnelles de Saint-Véran constituent en Europe un modèle d'architecture. Elles sont si caractéristiques qu'elles ont été décrites dans les grands ouvrages d'architecture rurale, et que, dans certaines expositions nationales (comme en 1925 à Grenoble), des exemplaires ont été démontés et remontés pour les montrer au public.
Ces maisons servaient à la fois d'habitation, d'écurie et de stockage des récoltes.
Le mélèze ici abondant domine sur un soubassement de pierres. Le bâtiment est de volume important, profitant de la pente, et s'ouvrant sur le sud-ouest.
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Le Chalet Montjoie, imposante batisse, reconstruite à Saint-Véran par l'architecte Jacques Couelle
La fuste
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Du latin fustis : poutre, bois.
Sa partie en troncs de mélèze laisse passer l'air dans les étages pour sécher le foin, et dans les balcons pour aérer la récolte de foin et de seigle. Sa toiture est en bardeaux de mélèze. Le foin entrait par une porte de grange, profitant de la pente, à l'arrière de la maison. Son rez-de-chaussée abrite l'écurie, où l'hiver, à côté des bêtes, les habitants couchaient dans des lits clos.
Organisation et plan de l'habitat : Les maisons traditionnelles de Saint-Véran
Le caset
Le caset, une sorte d'aile en pierre, abritait la cuisine (fougagno), la resserre à pain, un establot pour les brebis et une ou deux chambres pour l'été. Autrefois en retrait par rapport à la fuste, le caset a été parfois intégré, au XXème siècle, dans la façade. Les murs sont épais, les fenêtres petites pour se protéger du froid. La toiture est en lauzes de schiste.
Ci dessus, une maison rénovée avec son caset,
et une autre en cours de rénovation à l'ancienne.
De quand datents ces maisons ? C'est difficile à dire : sans doute, pour les plus anciennes, du XVI ème siècle. Les dates des linteaux sont celles de la rénovation, et pas forcément de la construction d'origine.
L'habitat familial s'est transformé au XXème siècle, pour un peu plus de confort, et l'adaptation à la demande touristique.
L'agriculture n'est plus primordiale : plus de foin dans les fustes, reconverties pour beaucoup en logements, et le bétail n'est plus dans les habitations où il apportait, l'hiver, une chaleur appréciable. De nouveaux matériaux de construction sont arrivés...
Il existe encore aujourd'hui quelques spécimens authentiques, non pas de l'habitat d'autrefois, car il a toujours évolué, mais en tous cas, de celui qui a caractérisé avec une grande unité, et pendant deux siècles au moins, le village et ses hameaux. Mais l'oeil du connaisseur retrouvera façades et volumes anciens.
Les cadrans solaires
Dans un pays où le soleil brille 300 jours par an, et où l'habitant vivait autrefois en fonction de la lumière du jour, le cadran solaire était le moyen le plus sûr de marquer le temps. Très répandu sur les maisons du Queyras en général, et de Saint-Véran en particulier, il avait également pour fonction d'exprimer une fidèlité souvent religieuse. Il permettait de dessiner sur sa maison, brute de bois, de pierre ou de pisé, un tableau tout en finesse et couleur pour exprimer le temps qui passe...
Les sentences religieuses ou morales se voulaient initiation pour les jeunes et mémoire pour les anciens, références à l'éternité et à la précarité de la vie. Elles sont souvent écrites en latin.
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"sol dieidux est"
"Sans le soleil, je ne suis rien, et toi sans Dieu tu ne peux rien"
"Toutes les heures blessent, la dernière tue"
On ne compte pas moins de 24 cadrans solaires à Saint-Véran, les plus anciens datant du XIXème siècle, réalisés pour beaucoup par le plus célèbre d'entre eux : Giovani Francesco Zarbula, cadranier piémontais itinérant. Ses cadrans se reconnaissent principalement à leur entourage en faux-marbre, aux oiseaux exotiques qui le surmontent, aux dessins de fleurs , bien souvent à la présence d’un aigle, l’oiseau solaire par excellence.
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Détails de cadrans signés Zarbula
Aujourd'hui, Rémy Potey est l'un des derniers cadraniers travaillant encore selon la technique traditionelle de fresque. Il réalise la plupart des nouveaux cadrans dans le village.
Pour en voir et savoir plus : les cadrans solaires de Saint-Véran
Le patrimoine religieux
"La montagne a suscité un mélange de superstitions, de croyances et de rites populaires, issus de temps anciens, sur lesquels s'est développé le Christianisme. C'est une terre de légendes, mais aussi une terre de refuge et de diffusion des thèses de la Réforme, (exemple : Vallouise et Queyras) dont l'origine se trouve, peut-être, dans une vie quotidienne difficile. Le foi des communautés de montagne s'est exprimé par un culte important à la Vierge et de nombreuses dévotions aux Saints, et en particulier aux Saints protégeant contre les maladies contagieuses (Saint-Roch, Saint-Sébastien, Saint-Antoine)
Du XVIIème au XVIIIème siècle, conséquences de la contre Réforme, les communautés d'altitude traduisent leur foi dans l'image, dans la création de mobilier de plus en plus exhubérant et coloré, notamment au XVIIème siècle (nombreuses confréries du rosaire dans les Alpes), et dans la multiplication des Chapelles, des Eglises et des repères : Oratoires, Croix de Mission ou de Passion et Calvaires."
(Extrait de "...à la découverte du patrimoine religieux", monographie, en vente à Festi'Saint-Véran)
La chapelle Marie-Madeleine, très remarquable par la modernité de ses fresques colorées, était en 1742 dédiée à Saint-Georges.



