Septembre…

C’est encore l’été, mais, déjà, quelques signes impalpables font sentir l’automne tout proche : bien que les journées soient encore chaudes, le soleil tombe d’un coup derrière la montagne, il faut vite remettre sa petite laine. Les prés fauchés deviennent jaune paille, étoilés de colchiques. Les nuits sont plus froides, et l’air se fait plus transparent, découpant les crêtes.

Saint-Véran va retrouver petit à petit son calme, sa vie de petit village perché.

Les Queyrassins s’en vont aux myrtilles et aux framboises sauvages pour de délicieuses tartes et confitures….pensez à apporter dans vos bagages quelques pots vides !

A ce sujet toutefois, signalons qu’il vaut mieux éviter de consommer crus les fruits sauvages. Ils peuvent en effet être contaminés et causer une parasitose très grave : l’Echinococcose alvéolaire, transmise essentiellement par le renard. Le risque est très limité dans les Hautes-Alpes, seuls quelques cas ont été constatés, mais…éviter tout de même de consommer fraises, framboises et myrtilles sauvages crues. Le lavage ne suffit pas, et la congélation domestique (-18°) est sans effet : il faut les cuire avant de les manger, 10 mn à 60°, 5 mn à 70°, ou 1 mn à 100°.

A cette époque, l’activité principale sera la randonnée, la cueillette des baies sauvages, c’est une période propice au calme, à l’observation de la nature et du changement de saison en altitude.

Arbuste epine vinette             cynorrhodon             sureau          sorbier blanchi               argousier

Gelée d’épine-vinette           Gelée de cynorrhodon               Gelée de sureau noir                               Gelée de Sorbe                                  Argousier

                                                                                                    Sirop de fleur de sureau

                                                                                                   Petits gâteaux au sureau

Les randonneurs de Septembre ne seront pas déçus : toutes les balades sont encore possibles tant que la neige n’a pas encore fait son apparition. Une impression d’être seul au monde, des animaux plus facilement visibles pour peu que l’on se lève tôt, une lumière qui se fait plus douce, plus rasante et plus chaude, les photographes apprécieront.

Le travail des éleveurs

Pres fauchés foin pour l'hiver

C’est  lorsque l’on voit tous les prés bien fauchés, que l’on mesure l’importance du travail des agriculteurs pour l’entretien de la montagne….Par son exploitation, l’agriculture de montagne maintient les paysages cultivés, les surfaces non entretenues étant très vite envahies par la forêt ou le génévrier. L’entretien du paysage et le maintien de la biodiversité leur doivent beaucoup. Notons aussi qu’ils participent bien souvent à perpétuer certaines races d’animaux agricoles aujourd’hui menacées.

Ils participent également à la lutte contre l’érosion par l’exploitation de terrains pentus, et à la lutte contre les avalanches et coulées de boue par celle des pâturages boisés.

Ils facilitent l’accès aux endroits reculés, grâce aux routes agricoles et forestières.

…et enfin ils aident grandement à l’entretien des lieux de promenade et de détente, pour notre plus grand plaisir…

Octobre

Dès le début de septembre, on a pu voir quelques petites pointes de mélèzes changer de couleur.

Dès la mi-octobre, c’est le « Feu des mélèzes »

La montagne flambe. Dans une grande explosion de couleurs, vert, jaune, roux, on dirait que la nature prend plaisir à défier l’hiver si proche qui va installer le grand blanc pour six mois….

Automne en Queyras, le feu des melezes« Le jour se lève, le ciel hésite entre le bleu et le gris. Des lambeaux de nuages s’accrochent, se déchirent, et s’effilochent en guirlandes de brume légère. Ils laissent derrière eux le souvenir de leur mauvaise humeur nocturne : des crêtes couvertes de neige. La première neige. Cimes blanches, mélèzes d’or roux sous un ciel finalement acquis à la cause du bleu. L’automne est là, somptueux, lumineux.

L’automne en Queyras n’est pas affaire de calendrier. C’est un entrelacs de sensations. Un concert de sons, de gestes retrouvés, de rendez-vous pris avec la nature. On sort en montagne s’enivrer de couleurs, on se lance dans les premières cueillettes, on part à la chasse ou en forêt faire le bois pour l’hiver.

L’automne s’installe dans les esprits, doucement.

Dans les forêts claires, au bord des chemins et des torrents, les trembles ont, les premiers, annoncé la couleur : leur vert vif a viré au jaune, avant de tourner rouge sang. Puis les saules et les aulnes sont entré dans la danse, les mélèzes ont pris des teintes d’ambre et d’or. Des rubans d’aiguilles rousses, douces au pieds, se déroulent le long des routes et des chemins, dégageant un parfum suave et délicat. Un pelage fauve et changeant entoisonne les ubacs des vallons et des vallées. »

« Marianne Boilève, Alpes Loisirs, automne 2006 »

Quelques vues du feu des melezes

C’est la plus belle saison de l’année. Fugaces, les couleurs ne dureront que trois semaines, entre la mi-octobre et début novembre.