Gorges du Guil plan_region_queyras

 

Si vous passez par Guillestre, vous traverserez les gorges du Guil….

….puis Molines-en-Queyras : vous arrivez au pont des Marrous, vous quittez alors la vallée de l’Aigue Agnelle pour remonter celle de l’Aigue Blanche. Au hameau suivant, La Chalp, vous êtes déjà à Saint-Véran : c’est le premier des deux hameaux du village, avec Le Raux.

La Chalp Le hameau du Raux

A noter que le hameau du Raux, qui compte aujourd’hui 17 habitants permanents, a compté jusqu’à 32 maisons, dont beaucoup furent anéanties lors d’un incendie en mars 1882. Beaucoup de ses habitants quittèrent alors définitivement leur hameau et le village.

Juste en dessus, le bourg même de Saint-Véran s’offre à vos yeux, tout étiré sur la montagne, long de plus d’un kilomètre, plein sud, pour que tous profitent du soleil, essentiellement pour permettre aux céréales stockées dans les « fustes » d’arriver à maturité.

Situé en travers de la montagne de Beauregard, il avait aussi pour nom, aujourd’hui inusité, de « Travers ».

Saint-Véran, autrefois appelé Le Travers

Le coq picore les étoilesIl existe des villages ou hameaux situés plus hauts en altitude en Europe, mais Saint-Véran est la plus haute commune, c’est à dire que l’on y trouve encore une école, une mairie, et une église.

Perché à 2042 mètres d’altitude, mesure prise aux marches de la mairie actuelle, notre village profite d’un climat sec et ensoleillé, entouré de montagnes culminant à plus de 3000 mètres. Saint-Véran a un long passé historique qui remonte à l’antiquité et a connu toutes les vicissitudes de l’histoire du Dauphiné et de notre pays.

Premier site habité du Queyras, dès -2500 ans avant J.C., la population d’alors a été attirée dans ce petit coin de montagne par l’exploitation de la mine de cuivre, dont nous parlerons plus loin. Aux premiers siècles de notre ère, à la fermeture de la mine, le village serait venu s’installer plus au soleil, et n’aurait pris ce nom de Saint-Véran qu’en 700 ou 800 après J.C.

Un terrible incendie en 1526 amena les habitants à reconsidérer l’organisation du village : au lieu de le reconstruire d’un seul tenant, le village fut réorganisé en quartiers, ou ruas, séparés par un espace coupe-feu, chaque secteur ayant son four à pain, sa fontaine, parfois une fruitière. Le vide entre les secteurs n’est plus de mise aujourd’hui, les espaces se sont comblés, mais les quartiers existent toujours.

On entre aujourd’hui par le bas du village. Autrefois, la route montait directement du hameau de la Chalp vers le nord-ouest du village : le chemin de la Charrière débouchait à la maison la plus extrème du village : »Le Soum » du quartier des Forannes. Cette maison est devenue un éco-musée, elle date de 1641, et l’on y apprend beaucoup sur la vie de nos anciens. Ce n’est plus la dernière maison, quelques autres ont été construites depuis.

Le Musée du Soum

Le musée du soum à Saint Véran Musée du Soum Entrée musée du Soum

Quartier des ForannesCinq quartiers se succèdent sur toute la longueur du village : le quartier du Chatelet, puis celui de La Ville, avec l’école Quartiers Chatelet et La Villecommunale, la mairie, une salle des fêtes et de réunion, et l’église. Cette dernière, dont le seuil est à 2040 m d’altitude, et le clocher pointe à 2070 m, a été reconstruite en 1689, sauf le clocher et la voûte, qui sont plus tardifs.

Pierre-Belle devrait son nom à une belle pierre verte près de laquelle il s’est établi. Le temple protestant, édifié en 1804, y délimite le quartier du Villard et le domine.

Chaque quartier possédait, et possède encore, sa fontaine, son four à pain, parfois autrefois une fruitière. Les quartiers étaient autrefois séparés par un espace coupe-feu qui devait rester inconstructible, mesure respectée jusqu’en 1875.

Quartiers Pierre Belle et le Villard

Aujourd’hui nous sommes 280 Saint-Véranais et Saint-Véranaises et vivons principalement du tourisme. Les activités agricoles et pastorales permettent de conserver tous les aspects d’une localité rurale même si elles ont perdu de l’importance au fil des époques. L’artisanat est également très vivant.

Il n’est pas difficile aujourd’hui de vivre ici ! Aimer la nature et le rythme de saisons bien marquées suffit. Le village bénéficie de tout le confort moderne, les routes d’accès sont bien entretenues et dégagées l’hiver, et, grâce à la pugnacité de ses habitants et ses élus, et sans doute aussi son statut, il a réussi jusqu’ici à conserver son école, et une agence postale.

L’école maternelle regroupe aujourd’hui les enfants de Molines et Saint-Véran à Molines, et l’école primaire accueille les plus grands à Saint-Véran.

Saint-Véran est un village de montagne, les rues y sont étroites, et il est bien sûr impossible d’envisager en pleine saison d’été une circulation ouverte à tous…Un parking a donc été crée à l’entrée, où nos visiteurs sont invités à leur arrivée par de jeunes saisonniers du pays à laisser leur véhicule, et dont ils reçoivent une information sur le village. Une redevance de 2 euros vous sera demandée à votre arrivée, le chiffre d’affaires servant à acquitter les charges de l’opération. L’expérience a montré autrefois qu’il est impossible de se passer d’un personnel d’accueil, car les visiteurs ont tendance à monter le plus loin possible dans le village…et cela devient vite impossible à gérer. En hiver, le parking est gratuit.

Merci de votre compréhension !